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Claudine Mazéas


Claudine Mazéas est née entre les deux guerres à Roscoff. Sa mère est pianiste et les concerts de musique sont fréquents dans le salon familial. Après des études aux Beaux-Arts de Rennes, elle ne découvre la musique bretonne qu'à l'âge de 26 ans.

En juin 1953, elle rencontre René-Yves Creston, Claudie Marcel-Dubois et Maguy Andral, alors en mission pour le Musée National des Arts et Traditions Populaires consistant à enregistrer des chansons de l'île de Batz. Ils lui proposent de les accompagner dans le but de réaliser des croquis de mobilier.

En réalité, son rôle sera essentiellement de faire le lien entre les autochtones et l'équipe de chercheurs parisiens. Et là c'est une révélation. L'ambiance, la musique, la langue, tout la fascine.

La famille Mazéas s'étant installée à Guingamp entre-temps, Claudine Mazéas découvre la richesse musicale du Centre-Bretagne tout proche. Sa rencontre avec Etienne Rivoallan et Georges Cadoudal est déterminante. Ils lui serviront d'intermédiaire avec les chanteurs de Haute-Cornouaille.

A la fin des années 1950, le laboratoire d'anthropologie de l'Université de Rennes décide d'intégrer une équipe de recherche en ethnologie musicale et propose à Claudine Mazéas de collaborer avec le centre de recherche. Elle se retrouve chargée de la collecte et de la retranscription des airs.

A l'époque, les magnétophones sont encore rares, coûteux et volumineux. Elle se familiarise avec le matériel d'enregistrement et observe la manière de questionner les chanteurs dans les camps Ar Falz. 1957 est l'année de sa première séance de collectage.

Quand elle commence ce travail de collectage, à la fin des années 1950 donc, peu de personnes s'y intéressaient. Seuls Donatien Laurent, Polig Monjarret, Albert Trévidic, René Hénaff et quelques autres s'y adonnaient alors.

La liste des grands chanteurs rencontrés par Claudine Mazéas, est très longue : Mme Bertrand, Jean Poder et Jean-Marie Youdec, les familles Dirou et Morvan, Denis Le Guen, Mme Juguet, Mme Garlan…

Parallèlement au travail de terrain, elle a participé à l'élaboration de disques sur la Bretagne : avec la maison Ducretet-Thomson, avec Ricordi puis Arion.

Beaucoup de chanteurs ont bénéficié de ses conseils, comme Yann-Fańch Kemener, Anne Auffret, Denez Prigent...